Le premier prix du Concours de la meilleure photographie d’un lieu de mémoire 2024-2025 a été décerné à Liz ESCHBACH, élève du lycée Paul Vincensini à Bastia (Haute-Corse) pour son cliché intitulé « Fil d’enfer » pris au camp d’Auschwitz-Birkenau (Pologne).
Cette candidate a accompagné sa création de réflexions que lui inspira ce lieu.
« À première vue, ce n’est qu’un fragment de fil barbelé. Un bout de fer, tordu, rouillé, rongé par les années. Mais quand je l’ai vu, il m’a interpellée. Littéralement. Il y avait dans cette matière inerte quelque chose de vivant. Une mémoire. Une douleur. Une présence.
Je n’ai pas cadré les murs. Ni les bâtiments. Ni même les noms. J’ai voulu fixer ce fil, car il dit à lui seul ce que des pages d’histoire ne parviennent pas toujours à transmettre : la violence du silence, l’écho d’une souffrance, l’ombre d’une absence.
L’arrière-plan est flou, volontairement. Parce que ce qui s’est passé ici ne peut plus être vu clairement. Parce que les visages se sont effacés, les voix se sont tues, les pas ont disparu. Ce qui reste, c’est ce fil. Tendu, dur, tranchant. Comme une cicatrice sur le monde.
Il n’enferme plus personne, ce fil. Et pourtant, il emprisonne encore nos pensées. Il rappelle. Il dérange. Il oblige à regarder en face ce qu’on préférerait oublier. J’ai pris cette photo avec les mains tremblantes, le cœur serré. Parce qu’on ne peut pas se tenir là, devant un tel vestige, sans ressentir. Sans être traversé. C’est plus qu’un objet : c’est un cri muet, un témoin de ce que l’humanité a pu faire à l’humanité.
À travers ce cliché, je ne veux pas montrer l’horreur brute. Je veux montrer ce qu’il en reste. Ce qui continue de vivre quand tout s’est arrêté. Un détail. Un fil. Mais chargé de l’essentiel : la mémoire, et l’émotion. Car ce fer rouillé, abandonné, nous dit encore quelque chose. Il dit : Souviens-toi. Ne détourne pas les yeux. N’oublie pas. »
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